Mathieu de retour pour « Zi interviou of ze monf », cette fois avec un francophone, et pas des moindres puisque l’on va prendre des nouvelles de notre Antoine national à l’occasion de son retour à l’entraînement après une opération du genou, ou deux d’ailleurs..

 

Mathieu: Salut Antoine! Après t’avoir vu à l’entraînement mercredi je me suis dit que t’allais être le prochain sur la liste.. Ca fait évidemment très plaisir de te revoir avec les crampons au pieds et un disque dans la main.. est-ce que tu peux nous expliquer ce qui t’a éloigné des terrains pendant plus d’un an pour ceux qui ne sont pas au courant?

Antoine: Salut Mathieu ! Ben malheureusement, je me suis rompu le ligament croisé du genou gauche durant une journée de ski, fin janvier 2014. C’était pourtant une journée normale, on venait de dropper d’un hélicoptère sur une face inaccessible du Cervin quand… bon, d’accord, je n’ai pas vu une plaque de glace sur un plat, au carrefour entre l’accès au télésiège et la piste « Coupe du Monde » à Avoriaz. Je précise bien pour les gens qui connaissent ce coin, car c’est vraiment un plat anodin où on passe en général en ralentissant pour attendre ses potes et décider si on remonte ou si on continue. Ben voilà, j’étais celui de devant qui va trop vite et qui tente de s’arrêter à ce pu**in de carrefour pour attendre les autres.

 

M: Ca doit être ton côté magnanime ! Comment s’est passé ton opération, ta ré-éducation?

A: Super bien. Ca a été long car j’ai choisi de me faire opérer par le Dr Gillain qui est très réputé mais donc très demandé. Je ne me suis donc fait opérer qu’en juin.

Ensuite, j’ai profité du centre de rééducation de la clinique Bois-Cerf. Ils ont une super installation et je suis tombé sur un physio vraiment sympa qui m’a bien fait bosser (je vous le présenterai car il m’a promis de venir faire un entrainement avec nous quand je serai en état).

En théorie, je devrais être en bien meilleur forme, d’ailleurs, mais comme je suis plutôt quelqu’un de dévoué, j’ai accepté de faire partie des 6% de patients qui développent un cyclope du genou, post-opération du LCA. Annie-Claude pourra aussi vous en parler, elle est aussi dévouée que moi. Il s’agit d’une sur-cicatrisation qui fait qu’on a des tissus qui se développent dans l’articulation, formant une boule – d’où le nom de cyclope. J’ai donc eu droit à une opération en janvier pour retirer cette boule qui me gênait et a perturbé ma remise en forme. Mais dans mon malheur, je suis chanceux, car ce cyclope a été détecté très tôt et n’a pas retardé ma reprise.

 

 

M: Aujourd’hui tu en es où? Quels sont tes objectifs à moyen terme?

A: Aujourd’hui, je viens de faire mon premier entrainement (NDLR mercredi dernier). J’ai mal! J’ai retrouvé les courbatures, j’ai retrouvé les exercices physiques infaisables du coach. C’est l’enfer!

Plus sérieusement, je suis super content de vous retrouver tous. Parce que ne plus pouvoir faire du sport, c’est une chose, mais ne plus pouvoir s’entraîner avec cette équipe, participer au tournoi avec tout ce que cela comprend, être en dehors du « team building » si fort dans notre équipe, c’est vraiment dur. Note bien, que c’est moi qui me suis mis à l’écart, volontairement, pour ne par avoir trop de frustration. Car les joueurs ne m’ont pas lâché. On s’est quand même vu de temps en temps. Mais fatalement, tu ne peux pas suivre si tu n’es pas là aux entrainements. Mais maintenant, je suis de retour, je pourrais suivre les blagues, les anecdotes, les délires. Ca va être bonnard (dédicace).

 

M: Tu n’es malheureusement pas le premier à te déchirer le LCA, à FlyHigh et chez les joueurs d’ultimate en général, est-ce que tu as des conseils pour ceux qui ont leurs genoux intacts et qui souhaitent éviter cette blessure classique?

A: C’est très difficile comme question, parce que c’est vraiment un accident, c’est pas une faiblesse musculaire ou un truc qu’on peut anticiper. Tu sais de quoi je parle, tu es passé par là. Dans mon cas, c’est une chute à ski, une connerie, j’étais passé là mille fois et j’y repasserai mille autre fois, j’espère. Donc pour ceux qui croient, priez, touchez votre patte de lapin, du bois, ce que vous voulez. Mais je crois qu’il vaut mieux ne pas y penser.

 

M: Qu’est ce que tu retiens de ton expérience de coach avec FHL2 l’année dernière?

A: Que c’est super difficile. C’est pas donné à tout le monde. Ca demande des facultés qui ne sont pas données à tout le monde. Perso, je ne les ai pas, pas toutes en tout cas. Etre un leader sur le terrain me parait plus à portée – sans prétention attention – mais modifier le jeu quand tu es dans l’action, c’est faisable, car il te suffit de faire ce qu’il faut en fonction de ce qu’il se passe. Mais être capable d’analyser ce qu’il se passe, de trouver les mots, de les dires avec le bon ton, aux bonnes personnes et d’être entendu ET écouté, c’est super dur. J’en profite pour féliciter Phil pour ce qu’il fait, car moi, je n’en suis pas capable. On a vraiment de la chance d’avoir un mec capable de faire ça. Et sachant-ça, je lui excuserai plus facilement les erreurs qu’il commet, maintenant. Mais qu’il n’en profite pas non plus!

 

M: Parlons un peu de ton passé à FlyHigh, je me rappelle de ton duo légendaire avec PE, est-ce que tu peux nous rappeler quand et comment tu as atterri à Lausanne?

A: Ca faisait 4 mois que j’avais posé mes valises à Lausanne après une année passée entre Paris et Lausanne. Je voulais me trouver un sport co’ et après une tentative avec le volley, sport que j’avais adoré ado mais qui n’est clairement pas adapté à mon physique d’athlète (tu peux te marrer!). J’ai donc repensé à l’Ultimate que j’avais pratiqué en dilettante pendant une année chez les Révo à Paris. Pepette et moi sommes venus voir un des premiers entrainements extérieurs en 2009. Le froid l’a un peu découragé mais moi pas. La semaine d’après, j’étais à l’entrainement. Le coach de l’époque m’avait fait bonne impression. Une sorte de grand taré avec un bonnet rose qui ponctuait ces entrainements par des répliques de Chuck Norris, notamment. Il ne m’en fallait pas plus pour me motiver.

 

M: Tu retournes souvent dans ta terre natale pour jouer?

A: Ca m’arrive, oui. J’ai pris contact avec David Chabbert  qui se bat pour monter un club à Châteauroux. Il est en passe de gagner son pari puisque les Freeze Bee avaient une équipe aux championnats régionaux indoor. Malheureusement, ils n’ont pas pu inscrire une équipe en outdoor, donc ce ne sera pas pour cette année, mais j’y crois, je jouerai un jour avec les couleurs de Châteauroux, dans un tournoi, un championnat, n’importe où, mais je le ferai.

J’ai aussi joué avec l’Everest de Pontarlier, la saison 2013-2014. Je devais d’ailleurs prendre l’avion pour la deuxième phase du championnat de France, à Toulouse. Mais j’ai eu l’idée géniale de foncer sur une plaque de glace 2 jours avant.

Enfin, il y a notre bébé, à Fanny et moi, les Black Sheep & Friendly, référence aux gay and friendly, rassemblement des gays et des amis des gays. Un pick-up monté, au départ, pour sauver un design génial que Fanny avait fait sur la base d’une odieuse affiche de l’UDC. Du coup, nous sortons nos moutons, tous les ans, pour Fogassa, un tournoi à la Grande Motte. Mais l’objectif de cette équipe reste de faire un tournoi en Suisse, un jour.

 

M: Tes meilleurs souvenirs dans tes premières années avec FlyHigh?

A: Mon premier tournoi, à Alpnach. Pourtant, on n’a pas vraiment brillé sur le terrain, finissant bon dernier. Je me suis fait une entorse au doigt. Mais j’ai découvert ce que c’était que l’ultimate, vraiment.

Mon premier Force Lake. Là encore, c’était un weekend pourri, il a plu, il faisait froid, mais ça reste un bon souvenir.

Et bien sûr, l’inoubliable One, Two, Slip mais, tu n’as plus assez de place, je le raconterai une autre fois.

 

M: Justement en parlant de One Two Stix, t’as des trucs à balancer sur les anciens ou les nouveaux d’ailleurs, qui sont toujours au club et qui te lisent?

A: Malheureusement, je crois qu’ils en ont plus sur moi que moi sur eux, donc je préfère signer là un pacte de non agression.

 

M: Je vois.. soyons sérieux à nouveau, selon toi, qu’est-ce qui a le plus changé ces dernières années chez FlyHigh en bien ou moins bien?

A: Elle est dure celle là!

Ce qui m’a frappé chez FlyHigh, à mes tout débuts, c’est que cette équipe était forte (elle finit dans le top 5 Suisse, cette année là) mais pas forcément grâce à une rigueur, un entrainement hyper préparé et des strats de folie (je ne parlerai pas de la strat Heaven&Hell, Ach’). Non, la force qu’ils avaient, c’est qu’ils s’adoraient tous, se connaissaient vraiment bien et donc savaient jouer ensemble. Je regrette que ça ne soit pas autant le cas, maintenant. Mais ce n’est la faute de personne, c’est les mouvements de joueurs qui ont fait ça.

Aujourd’hui, FlyHigh est une équipe sérieuse, qui bosse. On se marre toujours, en dehors du terrain, attention. Mais il n’y a pas la même alchimie, je trouve. Ceci dit, j’ai vécu une saison en dehors, donc je peux me tromper. Mais le groupe ne me parait pas aussi soudé que ce que j’avais découvert en 2009.

Donc ça, c’est pour le moins bien.

Pour ce qui est du bien, c’est que le groupe est énorme, y a de la place pour tout le monde. Il y a de très bon joueurs qui tirent les autres vers le haut. Pour un joueur moyen un peu flemmard, comme moi, c’est vraiment bien. Je dois me bouger le cul pour ne pas être ridicule. Ca me fait un bien fou. C’est dur, mais c’est vraiment gratifiant, car ça me pousse à faire des choses que je ne pensais pas que je ferai un jour. Tu m’aurais dit, il y a 6 ans, que j’accepterai d’aller dans le froid, faire des push-up, des burpies, des machins qui font mal partout et que j’irai avec plaisir, je t’aurais ri au nez. Pourtant, c’est le cas. Et le pire c’est que ça m’a manqué!

 

M: On verra si tu dis la même chose après quelque semaines.. Comment tu vois cette saison 2015, personnellement et pour le club?

A: Personnellement, je vais me faire plaisir, cette année. Quelque soit l’équipe avec laquelle je jouerai, je vais vraiment en profiter.

Pour ce qui est du club, je n’aimerai pas être à la place du coach. L’année passée, à part Loulou qui était entre les deux, tout le monde était à sa place. Du coup, je pense que tout le monde à profité de la saison.

Cette année, j’ai peur que la compétition soit plus dur pour être dans l’équipe A et que ce soit plus difficile de ne pas créer des frustrations. Mais si l’équipe B bosse bien, ça peut être vraiment une super année.

En effet, je ne me fais pas trop de soucis quant aux résultats de l’équipe A, mais la réussite de la saison dépendra vraiment de l’équipe B. Si elle arrive à jouer suffisamment bien pour que les « recalés » de l’équipe A y prenne du plaisir, alors on aura une superbe saison.

 

M: Parles nous de ton expérience à Force Lake ces dernières années, est-ce que l’on te verra sur les terrains de Chavannes les 4/5 Juillet 2015?

A: Malheureusement, ma blessure m’a empêché de jouer durant l’édition 2014. C’est dommage, car vu de la buvette, ça ma semblé être la plus belle édition que j’ai vu, et j’en ai quand même vécu 5 déjà. Mais je compte bien me rattraper cette année.

C’est vraiment un super tournoi et je ne dis pas ça seulement parce que nous l’organisons. L’équipe qui l’organise fait un super boulot. Pour les avoir vu faire de l’intérieur, ils y mettent beaucoup d’énergie. On ne se rend pas bien compte de la somme de boulot que c’est. Je pense surtout à Eric qui fait tout ça par pur altruisme puisque ça fait 3 ans (sauf erreur) qu’il le fait sans pouvoir jouer. Chapeau!

 

M: Comment tu te vois dans les prochaines années, monter une équipe Master à Lausanne? Une ligue d’été? Faire des enfants et préparer FlyHigh 2032? Te remettre au coaching? Prendre ta retraite après avoir gagner les SM?

A: Monter une équipe Master? J’aimerai bien, j’aurai moins de mal à en faire partie! Je crois qu’on va y venir.

Une ligue d’été? J’y participerai avec plaisir, mais ne comptez pas sur moi pour l’organiser, elle risque de mettre un moment à exister si je m’en occupe.

Faire des enfants pour générer FHL 2032? Là encore, c’est pas gagné. S’ils sont comme leur père, ils feront exprès de faire un autre sport.

Coaching? Peut être pour aider un coach, pour une équipe junior, à la limite.

Prendre ma retraite? J’adorerai gagner les SM. Avant ma blessure, j’avais prévu de me donner à fond pour les gagner et lever le pied après. Maintenant, je n’ai envie que de m’éclater sur le terrain, au plus haut niveau possible. Mais c’est sûr, je vais profiter.

 

M: Le best play de l’histoire de FlyHigh?

A: J’en sais rien du tout! Notre victoire contre les Panthers lors du dernier match de la saison 2012. Un match qu’on gagne au mental, à l’image d’une superbe saison.

Mais je ne crois pas qu’on soit très fort pour les exploits individuels. Notre force, c’est plus notre collectif.

 

M: Le plus gros craquage de slip de l’histoire de Flyhigh?

A: On m’a raconté un match contre la Bud durant lequel, paraît-il hein, Fanny, Konny, Max et Pascal aurait joué en sous-vêtements, et Phil, Q (un renfort de Toulouse) et un autre mec dont j’ai oublié le nom auraient joué tout nu.

Il parait qu’ils étaient en défense et qu’ils perdent le point en 3 passes après un stradle dégueulasse de Q sur le genou d’une légende de la Bud. Mais bon, j’étais pas là pour le voir, ce n’est qu’une légende.

 

M: Chuck Norris ou Bruce Lee?

A: Chuck Norris, évidemment. En tant qu’ancien de la Chuck Norris Line, je ne peux pas dire autre chose. C’est comme choisir entre Elvis et sa caricature Dick Rivers, je ne peux que choisir la caricature!

 

M: Ton hors-piste préféré: Dent du Guignol ou Coulée du Grand Bronze?

A: Une superbe rando dans le massif de la Touffe, évidement

 

M: On force quoi déjà?

A: Lake, évidement, les 4/5 juillet prochain!

 

M : Il est de retour ! C’est magnifique! Merci Antoine.

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